Le patrimoine du monastère
Souad A. Slim
Le monastère de Balamand a eu un immense impact sur
son environnement à travers les siècles. Non seulement par l'hospitalité que les moines
ont traditionnellement accordée aux populations de la région au cours des éruptions de
violence on lors des catastrophes naturelles, mais aussi et surtout par son rôle pastoral
et culturel, dont une foule de signes artistiques perpétuent la trace.
Lieu de prière, Balamand était un endroit où hôtes,
pèlerins et religieux se rencontraient et pouvaient approfondir leur foi, grâce à la
liturgie et à la lecture des écritures saintes et des uvres patristiques,
consignées au fil des siècles dans des dizaines de manuscrits.
Centre de rayonnement de la foi orthodoxe depuis quatre
siècles, le monastère a reçu un grand nombre d'icônes et de manuscrits. Ses deux
églises ont été décorées de riches iconostases, Notre-Dame en bois et Saint-Georges
en marbre. Reflétant une pluralité de styles, leurs icônes offrent un saisissant
raccourci de l'histoire de cet art.
Trésor culturel, ce patrimoine est aussi le
conservatoire d'une longue tradition de piété populaire qui conduisait les croyants de
toutes catégories et de diverses régions à faire des donations au monastère. On en
retrouve le témoignage émouvant dans ces innombrables inscriptions portées sur les
icônes ou sur les pages des manuscrits.
Cette tradition culturelle et cette fonction
pédagogique, attestées pendant des siècles, allaient trouver leur prolongement avec
l'inauguration, en 1833, de la première école clericale de Balamand. C'est sur cette
assise que s'appuient les grandes institutions pédagogiques, actuellement installées
autour du monastère, l'institut de théologie, l'école secondaire et l'université, qui
ont trouvé une vocation, toujours ressourcée, dans la renaissance spirituelle et
culturelle qu'ils impulsent à 1'échelle de toute la région.
Mais, déjà avant cette école et avant même la
fondation officielle du monastère, des moines installés dans les ruines de la vieille
abbaye étaient là à copier les livres majeurs de la liturgie byzantine. Le rayonnement
du monastère trouve sa source ici, dans un passé où les croyants, en prière devant les
icônes, en méditation devant les manuscrits, s'imprégnaient de la parole divine et
apprenaient les dogmes essentiels de la foi orthodoxe. |